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l'ouvrage de Montigny-sous-Marle

Suite aux crues de décembre 1993, novembre 2002 et janvier 2003, qui ont fait de nombreux dégâts sur les communes de la vallée de la Serre, le Syndicat intercommunal d'aménagement et de gestion de la Serre aval a lancé une étude visant à lutter contre les inondations.

Un site propice à la réalisation d’un aménagement d’écrêtement des fortes crues de la Serre a été identifié sur la commune de Montigny-sous-Marle en amont de la zone de compétence du syndicat. Ce dernier a alors sollicité l’Entente Oise-Aisne qui, avec le soutien du Département de l’Aisne, s’est portée maître d’ouvrage du projet. La phase d’étude et de concertation a débuté en 2008. Le choix du site s’est effectué au vu de différents éléments tels que le volume de stockage nécessaire et la possibilité de gérer la confluence entre la Serre et le Vilpion en amont de Marle.

L’aménagement consiste en la réalisation d’une digue et d’un ouvrage de régulation avec un vannage sur la Serre. Cet aménagement est prévu pour fonctionner pour des crues de périodes de retour comprises entre 10 et 30 ans (il serait donc activé en moyenne une année sur dix). On dénombre 14 communes directement bénéficiaires de l’aménagement sur la Serre de Marle à Anguilcourt-le-Sart. Avec la réalisation de ce projet, l’Entente Oise-Aisne est désormais en capacité de réguler les crues sur deux cours d’eau de la branche de l’Oise, que sont l’Oise amont et la Serre, avant leur confluence près de Chauny-Tergnier-La Fère. L’ouvrage de Montigny-sous-Marle agira en complémentarité avec celui de Proisy (qui permet de réguler l’Oise).

Ensemble, ces deux ouvrages participeront à protéger les territoires du bassin de l’Oise situés en aval, notamment les quatre TRI (les territoires de Chauny-Tergnier-La Fère, Compiègne, Creil et Pontoise). L’analyse coût-bénéfice (ACB) a démontré l’intérêt économique du projet.

L'ouvrage d'écrêtement des crues de la Serre (Montigny-sous-Marle)
L'ouvrage d'écrêtement des crues de la Serre (Montigny-sous-Marle)

La déclaration d'utilité publique du projet a été signée le 19 décembre 2014, par le préfet de l'Aisne. Les terrains d’emprise ont été acquis par l’Entente à l’amiable. Des fouilles archéologiques ont été réalisées de mai à septembre 2017, par le service d’archéologie préventive du Conseil départemental de l’Aisne. 

La construction de l’ouvrage s'est étalée de mai 2018 à décembre 2019. Les travaux bénéficient d’une subvention de l’Europe (FEDER, 10%), de l’Etat (FPRNM — fonds Barnier, 40%) et des régions d'Ile-de-France (16,2%), Hauts-de-France (8,1%) et Grand Est (5,7%). Le montant des travaux s'élève 6,1 millions d'euros HT.  


Inauguration officielle de l'ouvrage, le 28 novembre 2019
Inauguration officielle de l'ouvrage, le 28 novembre 2019

L'ouvrage, d'une hauteur de 5 mètres, permet de stocker 1,9 million de m3 dans la retenue d'eau derrière la digue de 600 mètres.  La vanne de régulation, permettant de contrôler le débit restitué en aval, mesure 10 mètres de large par 4,40 mètres de hauteur et pèse 14 tonnes. Un déversoir de sécurité a été aménagé sur la digue. En cas de très forte crue, si la zone de retenue vient à être remplie, l'eau passe par ce déversoir renforcé afin de préserver la digue. Ce dispositif de sécurité est présent dans tous les grands ouvrages.

Après 18 mois de travaux, l’ouvrage a été inauguré officiellement le 28 novembre 2019 en présence des élus membres du comité syndical de l’Entente, des représentants des différents financeurs, des partenaires et entreprises impliquées sur le projet, des agriculteurs et riverains du site.

 

La signature officielle du protocole agricole concernant la surinondation de l’ouvrage d’écrêtement des crues de la Serre de Montigny-sous-Marle a eu lieu le 7 janvier 2020. Le protocole agricole a été signé par Gérard Seimbille, Président de l’Entente, Robert Boitelle, Président de la Chambre d’agriculture de l’Aisne et Jean-Yves Bricout, Président de l’USAA. Celui-ci prévoit les modalités d’indemnisation des exploitants et propriétaires  fonciers au titre de la surinondation des parcelles, causée par le barrage. Il intègre ainsi tant les effets passifs de l’ouvrage que les préjudices exceptionnels liés à son fonctionnement. Pour cela, l’Entente provisionne chaque année un fonds d’indemnisation en cas de mise en service de ses ouvrages. Outre le volet indemnitaire, le protocole fixe des objectifs de remise en état des parcelles après surinondation et les modalités d’examen des cas particuliers.

Retrouvez toute la documentation disponible relative à ce projet dans notre fonds documentaire.

Vue aérienne de l'ouvrage pendant les travaux
Vue aérienne de l'ouvrage pendant les travaux

Ce projet est cofinancé par le fonds européen de développement régional