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Le batillage aggravant en crue

En cas d’inondation, les sinistrés riverains d’une rivière navigable sont exposés, de surcroît, aux vagues générées par le trafic fluvial (le batillage). Ces vagues, dont la hauteur peut atteindre 20 à 30 cm, viennent augmenter le niveau d’eau dans les maisons et causer d’autant plus de dommages qu’elles se déplacent avec de la vitesse et donc de l’énergie.

Si la navigation est interdite au-delà des plus hautes eaux navigables (PHEN), certains bateliers ne s’arrêtent que lorsqu’un obstacle les empêche de passer (par exemple pas assez de tirant d’air sous un pont). Par ailleurs, les PHEN sont décidées au vu des caractéristiques des barrages de navigation et des écluses et pas dans une logique de limiter le batillage.

Cette problématique récurrente soulevée par les associations de sinistrés du Val d’Oise a fait l’objet de plusieurs courriers de leur part à l’attention des préfectures que l’Entente a relayés : le long de l’Oise, l’Entente et ses partenaires Etat et régions ont investi 10 M€ pour réaliser l’ouvrage de Longueil-Sainte-Marie qui abaisse la ligne d’eau de crue d’une dizaine de centimètres dans le Val d’Oise, à mettre en balance avec des vagues de plusieurs décimètres.

Des premiers échanges avaient eu lieu entre services et plus récemment en commission hydrographique Oise confluence. Guillaume RIBEIN, délégué territorial de VNF concerné par cet axe, était reçu ce vendredi 15 novembre par les services de l’Entente pour avancer sur ce dossier. 

Les participants ont convenu d’une méthodologie pour cerner plus précisément la problématique. Tout d’abord, une analyse des crues récentes (mai 2016 et janvier 2018) permettra de préciser les enjeux pour des crues relativement faibles. Ensuite, l’analyse des cotes de débordement sur les deux berges de l’Oise permettra d’identifier les secteurs pour lesquels le batillage est problématique sous les PHEN. Enfin, les incidences pour la batellerie seront analysées pour mettre les enjeux en balance.

Ce ne sera qu’une fois ces éléments connus que les parties pourront envisager des solutions efficaces, qui ne sont pas esquissées à ce stade. VNF et l’Entente se sont séparés avec leurs devoirs respectifs, le retour des copies étant attendu pour fin janvier. A suivre.