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Développement d’un outil d’aide à la décision pour une meilleure connaissance des routes inondées

Depuis 2017, l’Entente développe une base de données d’enjeux en zone inondable. À ce jour, environ 22 000 bâtiments (entreprises, logements et établissements publics) y sont recensés grâce à un important travail de terrain. Afin de pousser l’analyse sur les conséquences en cascade d’une inondation, l’Entente développe de nouveaux référentiels sur les équipements et infrastructures de réseaux techniques (électricité, gaz, assainissement, eau potable, routes, …). L’objectif est double : bâtir des référentiels techniques et dialoguer avec les gestionnaires des réseaux afin d’anticiper les conséquences et interactions entre opérateurs.

 

La problématique des axes routiers inondés a été confiée à Miarana Rabefaly, dans le cadre de son stage de fin d’étude. Étudiante en master GERINAT (gestion des risques naturels et technologiques) à l’OSU Pythéas de l’université d’Aix-Marseille, elle nous explique son travail sur la mise en place d’une procédure générale d’identification des routes

Quels sont les objectifs de l’identification des axes routiers ?

Le retour d’expérience de la crue atypique de juillet 2021 sur l’Oise a souligné le manque de connaissances sur l’inondabilité des voiries, ce qui a impacté la gestion de la crise. Il a semblé important pour l’Entente de créer un outil d’anticipation destiné aux différents acteurs de secours pour leur permettre d’affiner ou compléter leur base d’informations afin de programmer leurs opérations d’intervention. C’est pourquoi, nous avons rencontré plusieurs acteurs de la gestion de crise, tels que les SDIS, les services de l’État et les voiries départementales de l’Oise et l’Aisne, dans un premier temps, pour recueillir leurs besoins, affiner la connaissance sur les crues historiques, leurs impacts et le partage utile d’informations pour leur permettre d’être le plus efficient possible.

 

Quelle méthode de travail avez-vous mise en application ?

La démarche consiste en l’utilisation d’une méthode classique des risques par croisement des enjeux (routes, rues, accès) avec l’aléa (zones inondables) à l’aide notamment d’outil SIG (Système d’information géographique). Dans un premier temps, nous nous sommes basés sur les données routières de l’IGN que nous avons recoupées avec des cartes d’inondation réalisées en interne sur une base de différents scénarios de crues. Ensuite, un important travail de terrain a été mené pour conforter ces données à l’aide d’un applicatif de saisie sur tablette. Des relevés topographiques (à l’aide d’un outil GPS) ont été effectués à Pont-Sainte-Maxence et Lacroix-Saint-Ouen dans l’Oise, et à Beautor et La Fère dans l’Aisne. Nous avons aussi recensé des équipements de réseaux qui seraient sensibles, comme des postes électriques car ils peuvent entraîner des coupures de courant sur un large périmètre.

 

Quels premiers résultats avez-vous obtenus ?

Les premiers résultats se présentent sous forme d’une interface cartographique via le logiciel SIG qui permet notamment d’identifier les tronçons routiers inondés et ceux potentiellement coupés. La méthode de sélection des tronçons inondés repose sur l’identification des « points bas », c’est-à-dire la cote altimétrique la plus basse.

L’outil permet également d’établir des listes de routes mentionnant plusieurs caractéristiques : nom, emplacement, et hauteur d’eau atteinte selon plusieurs scénarios de crues. Enfin, nous avons développé un outil numérique qui facilite le recensement des routes sur le terrain. A terme, ce référentiel des routes inondées/coupées sera rattaché aux référentiels « réseaux techniques » et « bâtiments » pour évaluer les incidences en termes d’accessibilité, d’évacuation de quartier, d’accès pour les gestionnaires aux équipements prioritaires (poste électrique, station eau potable, …).

 

Que vous a apporté ce stage ?

Au cours de ce stage, j’ai pu développer ma capacité d’analyse et de synthèse pour mener à bien les différentes missions qui m’ont été confiées. J’ai également pu appréhender les techniques du travail de terrain et affiné ma maîtrise d’outils géomatiques. Ce stage était aussi une opportunité pour moi de découvrir le fonctionnement des collectivités et le rôle d’un EPTB volontariste comme l’Entente, au travers de ses missions de prévention des inondations.

téléchargez le rapport de stage